La Route des sommets

31/05/2013

En chemin

PAR CHARLES VINCENT

Faire la Route des sommets. L’idée me plait. Même si en ce samedi matin, il pleut des cordes. Circuit touristique balisé, la route de 157 kilomètres relie quelque chose comme une douzaine de petits villages de la région de Mégantic, entre La Patrie et Stratford. Altitude moyenne : 1000 mètres. Vue panoramique : garantie, du moins par beau temps…

En ce qui me concerne, c’est sous un ciel désolé que s’amorce ma randonnée. La pluie tambourine sur le toit de la voiture. Mellencamp (No Better Than This) résonne haut et fort dans l’habitacle, donnant à la scène des allures de Road Trip. Avec un petit effort (mais vraiment tout petit), on pourrait presque sentir les États-Unis, les Smoky Mountains du Tennessee.

Je suis parti tard. Une fois n’est pas coutume! Me voilà donc affamé très tôt dans l’équipée. Une pause s’impose. Stornoway. «Resto chez Mimi». «Repas complets». La place est vide, ou presque. Un homme sirote un café, au comptoir. Un habitué de l’établissement. Sans l’ombre d’un doute! Mimi prend la commande. Mimi sert. Mais Mimi ne propose pas de dessert.

Petite journée, à Stornoway!

Je poursuis ma route, malgré la pluie, malgré le gris qui sévit. Partout les verts incandescents rappellent la marche inéluctable du printemps. Les champs sont beaux. Les champs sont gorgés d’eau. Un poulain tout frais-tout neuf encaisse sans broncher ce qui, sans l’ombre d’un doute, doit être sa première averse. Mon insistance le dérange. « Vite, vite, maman, vite, vite, téter… »

Les villages se succèdent, comme les champs, comme les granges, comme les maisons à vendre. La route est belle, ouverte, sans fin, tirée au cordeau. À l’ouest, contre toute attente, les nuages s’effilochent, par endroit. Toile chamoirée. Toile perforée. Au même moment, la pluie faiblit. Le gris de plomb cède le pas à ce que d’aucuns qualifieraient de «gris écume de mer». Je veux bien.

Puis, un rayon de soleil, furtif, vite oublié. Comme une invitation à revenir. Comme un avant-goût de ce que seront les lieux quand le gris n’y sera plus, quand la pluie n’entravera plus la vue. Je reviendrai. Pour sûr, comme on dit. Et, qui sait, peut-être ce jour-là Mimi me proposera une tarte aux fraises. Non, au sucre. Avec de la crème fouettée sur le dessus.

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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