De lisières en frontières

13/03/2014

En chemin

PAR GILLES ORGERET

Le vent du nord a ronronné toute la nuit au dessus des toits. Poussant par intermittence quelques feulements. Caressant les pierres des maisons, se coulant de ruelles en venelles. Agitant les énormes toiles d’araignées ensommeillées qui constellent les solives du grenier.

Il y a ses entrées ce vent des septentrions. Cette bise aux lèvres froides. Le grand air a sa place dans ce lieu où sèchent les simples.

Aux grincements de la girouette ancrée au sommet du toit de la vieille église, j’ai deviné qu’il devait hésiter quelque peu sur la direction à prendre. Plein sud, sud sud-est, sud sud-ouest ?

Nous verrions cela toute à l’heure au creux du jour qui commençait à filtrer…

C’est au tour de la cafetière de geindre et ronronner.

Le jour est presque là. Tout là-bas au plein sud, le noroît qui court toujours de hameaux en villages a déposé la première neige de novembre sur les Monts de Tarare.

Le ciel s’affole, tantôt gris sombre, tantôt traversé de lourds nuages blancs qui laissent passer la douceur d’un bleu azur.

Je pars à la rencontre de cette ambiance mouvante. Mouvementée même.

Vent de face. Je louvoie de crêtes en combes à bord de mon vieux rafiot blanc.

Je remonte la vallée d’Azergue rivière à l’étymologie controversée mais si belle de: Eaux bleues, (de l’arabe AL Zerga ), affluent de la Saône, plutôt gris-beige aujourd’hui.

Cap au Nord Nord-Ouest. Un classique.

Au sortir de Grandris je découvre le pays tout en lisières et liserés, borduré de frontières contrastées.

D’automne en couleur mordorée, de château de Pramenoux fringant, de villa comme neuve et intégrée, fait rare, au paysage. De vieille bâtisse cachée en  pleine forêt.

De limite des neiges et des prairies encore vertes. De brumes et brouillards. De soleil à la peine derrière un monceau de nuées.

De ces bois au métissage harmonieux: sapins douglas, hêtres, chênes, mélèzes, merisiers contrastant avec le visage sévère des plantations de sapins au «garde à vous!».

Tristes d’uniformité. Revêches à souhait. Mais d’un beau vert malgré tout.

Et puis, ce recoin de ciel bleu. Sans limites ni frontières.

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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