Il bat son plein

07/04/2014

Des lieux

PAR GILLES ORGERET

Tout en harmonies et délicatesse, le printemps s’est installé bien avant l’heure cette année.

À peine frôlé par un vent du midi qui s’attarde au col, semblant hésiter sur la marche à suivre: se diriger vers les monts ou rejoindre la vallée, le vieux poirier dit « de curé » auréolé de sa floraison d’où s’échappent les trilles de mésanges bleues et de chardonnerets, semble m’attendre.

J’avais vu à l’automne dernier qu’il commençait à étouffer sous les enlacements voraces d’un lierre terrestre.

Je l’ai donc comme promis, libéré des tentacules goulues de cette pieuvre végétale. C’est un bonheur chaque année renouvelé depuis des lustres que de retrouver ce beau vieillard. En toutes saisons.

Toison blanche au printemps, resplendissant du vert de ses fruits en été, jaune rougeoyant à l’automne et magnifique dessin encre de chine noire de ses ramures contre le ciel froid de l’hiver.

Il me l’avait dit cet automne: « je n’en peux plus de ce grimpant. Il me dit qu’il m’aime. Mais en fait il vit à mes dépends. Il me ravit ma vie. Aide moi.»

En contre-bas de la route, les éclats de blancs au parfum sucré des haies d’aubépines et autres prunelliers embaument le creux des vallons.

Finalement le zéphyr sudiste a opté pour la vallée. Bon vent!

Je m’attarde au col du Saule d’Oingt guettant la bonne lumière. Le vert, le blanc, le jaune dominent dans ce paysage tout en douceur.

Le printemps est à la tâche. Ici, il prend un peu son temps alors que dans les en-bas au chaud du creux des murs, dans les jardins, il a presque déjà battu son plein. En témoignent les pétales de ce magnolia qui couvrent un coin de pelouse, tombés comme une bourrée de neige tardive.

 

PS: J’ai entendu le Coucou revenu d’Afrique avec le vent du sud…mais, comme toujours, je n’avais pas de pièce d’or dans la main!

Peu importe le printemps est là.

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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6 Commentaires le “Il bat son plein”

  1. kristelsaintcyr dit :

    Loin des fontes de neige, sous d’autres cieux, voici une autre facette du printemps, dans la fraîcheur des feuilles et des fleurs, la douceur de leur lumière !

    Réponse

  2. La Tribu d'Anaximandre dit :

    Les pièces d’or ne courent plus les rues ou plus exactement les poches 😉 Encore une belle balade, et des prises de vues variées ❤

    Réponse

  3. univerzoro dit :

    très joli, fleurit , printanier, varié, la nature s’éveille …

    Réponse

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