Sur un air d’accordéon

10/06/2014

Des lieux

« Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux

Les ailes des moulins protègent les amoureux»

– Jean Renoir «La complainte de la butte»

 

PAR GILLES ORGERET

Lyon, capitale des Gaules, de la gastronomie…L’antique Lugdunum : La colline «dunum», et Lugus

dieu de la mythologie celtique pour les uns, la colline aux corbeaux pour les autres?

L’étymologie n’est peut-être pas une science exacte. J’aime bien pour ma part cette « Colline aux corbeaux ».

J’ai grimpé la colline aujourd’hui, pour tenter d’apercevoir, volant autour de la tour des télécoms, télévision, radios… qui jouxte presque la Basilique de Fourvière, le couple de Faucons pèlerins pour lesquels a été installé récemment un nichoir dans la-dite tour.

Événement peu probable car il faudra sûrement quelques temps avant que les oiseaux ne se soient familiarisés avec ce site. Je ne les verrai d’ailleurs pas.

La LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) est à l’origine de cette heureuse initiative.

J’ai opté pour l’ascension à pied de ce «sommet» emblématique de Lyon.

La colline de Fourvière 287m. Faisant partie d’un ensemble de buttes et collines de ce vieux Massif Central qui vient se tremper les pieds dans la Saône.

Place Saint Paul, Rue de Montauban, Montées des Carmes Déchaussées, Montée Saint Barthélémy, Montée Nicolas Delange…Ça grimpe par ici!  «Bontée Divine» aurait clamé ma Mémée qui crèchait à deux pas d’ici entre la Montée du Chemin Neuf et celle du Gouguillon au dessus de Saint Just.

Depuis quelques années ces Montées, rues et ruelles portent l’empreinte du chemin de Saint Jacques de Compostelle. La Coquille.

Les lumières sont douces. Je navigue un peu à l’estime, la vue est trop souvent bloquée par les hauts murs des propriétés.

Des volées de «gones» s’échappent des écoles, et collèges. Gone, est le nom que l’on donne aux enfants à Lyon et dans la région mais par extension, aux habitants de la cité.

J’en suis à ma 787ème marche d’escalier me dit un lyonnais pure souche, un retraité qui monte régulièrement peut-être prier Notre Dame à la Basilique, pour garder la forme me dit-il avec naturel.

Je croise un athlète qui, le temps que je monte, me croisera de nouveau quatre fois dans un sens puis dans l’autre, en courant, suant, soufflant!

Des touristes asiatiques semblent heureux, étonnés. Nous nous sourions.

Je rencontre le releveur des compteurs d’eau. Nous tapons la discute. Le sujet : les oiseaux. Il habite à Villars-les-Dombes à deux pas du parc des oiseaux. « Alors les oiseaux, vous savez, si j’en vois!»

Au détour du dernier virage de la montée Nicolas Delange, en même temps que le chaud soleil d’avril, me parviennent de merveilleux accords d’accordéons. Ça swingue. Nuage, Les Yeux noirs, Sous les ponts de Paris…

Jo, c’est l’accordéoniste, tire sur son instrument. Foulard autour du cou, la «deffe» rivée sur le crâne.

Ça cogne devant le parvis de la cathédrale. Je reste à l’écouter ravi de l’aubaine.

C’est un personnage incontournable de la vie lyonnaise. On peut le croiser au détour d’une rue ici où en ville. Dans un «bouchon» ces petits restos typiques de Lyon.

Nous sympathisons lors de sa pause. Il fait très chaud, l’instrument est lourd. «J’aurai dû apprendre l’harmonica» plaisante-t-il.

Jo reprend un set. Je le quitte avec quelques photos qu’il m’accorde et son dernier CD.

Je reprends ma balade, survolant les toits de la ville. «Je ne pensais pas qu’il y avait tant de cheminées en ville» me dit mon fiston qui vient de me rejoindre.

L’après-midi déroule son charme. Je suis aux anges. Mon fiston, le Jazz, le Soleil, notre Dame.

Qué más quières, quières más? Non non. Rien. Tout va bien. Nous nous quittons sur un air d’accordéon.

jo-accordéoniste

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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6 Commentaires le “Sur un air d’accordéon”

  1. La Tribu d'Anaximandre dit :

    superbe mosaïque de toits rouges ❤ et un récit encore une fois qui nous ravit 🙂

    Réponse

  2. kristelsaintcyr dit :

    Merci beaucoup pour cette jolie visite, avec les photos et le charme du récit. J’ai eu l’occasion de séjourner à Lyon, mais je suis loin d’avoir tout vu

    Réponse

    • gilles dit :

      C’est un plaisir comme toujours de partager ces instants. Il nous faudra plusieurs vies pour tout voir ! Merci à vous

      Gilles

      Réponse

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  1. Les Portes d’Étretat | desgensetdeslieux - 06/02/2016

    […] (1)Sur un air d’accordéon […]

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