J’aime le vent

27/06/2014

Des lieux

« Moi j’vas rester ici,
rester ici
laisse le vent souffler »

– Zachary Richard « Laisse le vent souffler »

« Le vent souffle où il veut
et tu entends le bruit
mais tu ne sais d’où il vient
ni où il va »

– Jean 3-1-21

« Le vent m’arrache la peau
Il fouette les flancs et glace l’âme de mon bateau »

– Zachary Richard « Cap enragé »

 

PAR GILLES ORGERET

 «Mon père disait c’est l’ vent du nord qui fait craquer les digues » chantait le grand Jacques Brel au siècle dernier. Le mien m’emmenait parfois dans des histoires de grand nord et de vent hurlant, sifflant, mugissant. Et je m’endormais. Enfance.

J’ai transmis le goût des rafales, des vents qui forcissent, qui secouent portes et fenêtres. Qui chantent et parfois braillent dans la cheminée. De ceux qui murmurent tout au long des jours et des nuits. Parfois glacials ou chauds, brûlants et secs. Énervants complices des insomnies.

Certains, au matin abandonnent sur le sol une pellicule de poussière fine venue avec eux du désert.

Ils amènent la pluie, chassent les nuages. Installent une toile bleue ou de grandes balles de cumulus noirs gris bleus blancs.

J’aime le vent.

Les Noroît, Nordet, Blizzard, Bise, Foehn, Autant, Vent du Midi, Marin, Sirocco, Alizé, Harmatan, Levant, et puis ce Vendaval qui souffle dans une ruelle qui porte son nom dans un village andalou qui m’est cher.

Je ne parle ici que de ceux que j’ai écouté de vive voix. Les autres, je ferme les yeux, les imagine.

Le dernier en date nous a ébouriffé les yeux pendant 5 jours durant. Il se calmait à peine la nuit, et reprenait sa sarabande au lever du soleil.

Le Mistral, c’est son nom, balayait la Camargue de fond en comble. Des pointes à 120 km/h.

Le sable volait à l’horizontal, sculptant à son passage d’étranges paysages sur les plages quasi désertes.

Les planches volantes criblaient l’horizon de leurs voiles colorées.

Des vols de flamants roses traversaient le paysage en cancanant passant d’un étang à un marais.

Une pêcheuse à la telline, échevelée, raclait un fond là où les vagues viennent lécher le sable.

Ce petit coquillage ne semblait pas au rendez-vous. Elle riait aux éclats sous la poussée des rouleaux.

Devant cette scène, un air d’accordéon me revint d’une époque lointaine et bretonne. Le musicien jouait face à la mer. Le vent d’ouest envoyait les mélodies se balader au-delà des terres.

Zachary a embrayé son tempo venu des fonds des bayous. Nous étions au diapason.

Des marais, des étangs, des roubines ou canaux, des rigoles, des sansouires. Un monde où la terre semble surnager. Un monde sur lequel règne le vent.

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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2 Commentaires le “J’aime le vent”

  1. Arret Facultatif dit :

    Sujet (le vent…) très bien traité! 🙂

    Réponse

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