De l’autre côté de la colline

11/10/2014

Des lieux

PAR GILLES ORGERET

Il suffit parfois d’un rien pour changer de monde. Beaucoup moins en tout cas que pour changer le monde.

Au Salin-de-Giraud dans les Bouches-du-Rhône, la D36 qui a quitté la D570 venant d’Arles pour descendre plein sud jusqu’à la mer et l’immense plage de Piemanson, change de nom à l’embranchement qui mène au bac de Barcarin permettant de traverser le Grand-Rhône, et devient la D36d.

Ce jour là, le Mistral a mis les pouces relayé par un vent marin, chaud et sec. La lumière crue, écrase un paysage d’un blanc-gris éblouissant. Une sablière et ses monstres extracteurs dorment dans le silence dominical.

Le Rhône s’ébroue à deux pas de la Route de la Mer. Un peu avant l’Estacade de l’Esquineau un panneau ancré sur un terre-plein désertique, indique un point de vue! Au pied d’une colline d’une vingtaine de mètres, un dépôt artificiel, une cahute aux allures de halte routière nous invite à une pause café. Erreur, ici on ne vend que du sel et du riz. De Camargue bien sûr.

La tenancière du lieu nous brosse un rapide topo sociologique de la contrée: les rapines nocturnes, le chômage, ce bout du monde où elle se sent bien, la tranquillité, les pour et les contre le pont dont la construction ne voit pas le jour et qui remplacerait le bac, les pour les contre le dernier camping sauvage d’Europe à l’embouchure du Rhône qui attire des milliers de touristes à partir de mai, avec ou sans «textile»: entendons par là naturistes ou pas! Avec ses pour et ses contre bien sûr.

Et nous alors? Nous madame, ce sont les oiseaux qui nous font migrer en cette saison.

Son sourire nous laisse deviner ses pour et ses contre. Nous sommes dans ses « pour ».

Et alors: Le point de vue?

-Grimpez la colline, vous verrez, c’est magnifique.

Tant pis pour le p’tit caf’ qu’on se voyait déguster aux portes de ce désert, nous voilà grimpant ce tertre où le mystère nous attend.

Ah! Ça alors. Vue d’ici, la planète bleue est rose!

Des marais salants à perte de vue de cette couleur due à une algue et à des micro-organismes.

Comme au sortir d’un tunnel, le monde a changé derrière la colline.

 

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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2 Commentaires le “De l’autre côté de la colline”

  1. La Tribu d'Anaximandre dit :

    Un grand plaisir de vous lire à nouveau 🙂 et toujours le coup d’oeil qui me ravit ! une superbe série, au mélange de couleurs extraordinaire ❤

    Réponse

    • gilles dit :

      Bonjour à vous la Tribu et merci pour ce commentaire qui venant de vous me touche beaucoup.
      Vos balades dans ces vieilles demeures est un régal visuel.
      Je travail sur quelques pistes bretonnes qui seront en ligne dans quelques temps.
      Bonne continuation
      G.O

      Réponse

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