La crécerelle

12/02/2015

Des lieux

« L’oiseau vola d’abord lourdement à travers la fenêtre,

et il resta désorienté contre l’orage comme si le vent hors

des murs le surprenait; puis il se mit à frapper de grands coups

d’ailes paisibles et il s’éloigna dans le sud»

 

                                                  Jean Giono «L’oiseau bagué»

 

PAR GILLES ORGERET

Ciel bas de juillet sur l’eau calme de l’anse du Cabestan. La mer est montante. Les couleurs pastel.

Le clocher de la chapelle de Saint Tugen à Primelin sur la côte sud du cap Sizun se hisse par dessus la lande. Le panicaut bleu est en beauté. Un vent de tout repos courbe doucement les têtes des lagures ovales qui couvrent le plateau dunaire.

Les tempêtes de l’hiver ont lancé des pierres partout sur le sable. La plage est méconnaissable.

Des tonnes de cailloux, de roches montent à l’assaut des dunes. Quelques habitués errent comme nous dans ce dédale, un peu perdus. Les châteaux de sable se transformeront en forteresses de pierres cette année. Déjà quelques édifices de galets ronds superposés sont en construction.

La force des éléments s’est imposée. La douceur du sable se perçoit encore çà et là jalonnée d’îlots de galets.

Je reste à observer des mouettes rieuses qui barbotent à quelques encablures d’un phoque solitaire qui semble avoir élu domicile dans le secteur.

Soudain, sortant de nulle part un faucon crécerelle arrive en planant et se pose sur une clôture. Je reste immobile, quelques instants, puis me déplace doucement rusant tel un Apache sur le sentier de la paix.

J’imagine qu’il m’a vu, mais me supporte à distance. Il décolle de temps en temps et vole en surplace au dessus des dunes, chassant, puis retrouve son piquet. Les teintes de sa tête m’indiquent que c’est une femelle. Solitaire elle aussi.

La plage est déserte, l’après-midi déroule sa douceur jusqu’à l’horizon où je devine la silhouette d’un traversier de la compagnie Penn Ar Bed, peut-être l’Enez Sun qui assure la liaison entre Audierne et l’île de Sein.

La mer est là, tout près, étonnement calme. Á flot.

Tout là haut au dessus des dunes, frôlant les lumières du couchant la crécerelle s’éloigne en criant.

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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2 Commentaires le “La crécerelle”

  1. sereincontemplatif dit :

    Bonjour,

    Bravo pour ce blog! Les photos et les textes sont très plaisants!

    http://litteratureetphilosophie.wordpress.com

    Réponse

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