Quiétude

23/03/2015

Des lieux

« Je voudrais vivre ici, dans le silence,

parmi ces pierres, dans un temps justement

où il ne se passe rien»

             – Joël Vernet « Chemins, fougères et détours »

 

PAR GILLES ORGERET

Une fine pellicule d’eau claire caresse le sable de la Baie des Trépassés. Des lignes de vaguelettes s’entrecroisent. Dessins mouvants, fugaces qui se renouvellent sans cesse. La mer est paisible aujourd’hui dans cette baie au nom funeste.

Là-haut sur la falaise en surplomb, la chapelle Saint-They a ouvert ses portes. Un vieil homme est heureux de nous y accueillir. Ils sont quelques bénévoles, plutôt âgés, femmes et hommes à entretenir ce qui semble être un second « chez eux ».

Boiseries et statues sont astiquées, les autels fleuris. De magnifiques ex-voto témoignent évidemment de la vie maritime de la région.

Silence feutré. Nous restons un temps au plein de ce calme.

Dehors une brise venue du large s’est levée. Le sentier serpente au milieu des pelouses maritimes rases et jaunes de la pointe du Van qui ont souffert elles aussi des tempêtes de l’hiver dernier.  L’action conjuguée du rude climat maritime et de l’affluence touristique devenait fatale.

Même sans Attila et son cheval, l’herbe et les fleurs ne repoussaient plus. Alors depuis quelques années des panneaux invitent le promeneur à rester sur la piste.

À 10 kms plus au nord par le GR34 qui longe la côte je retrouve une niche quasi secrète. Une crique  d’accès difficile bordée de falaises.

Je m’encagnarde au creux des roches qui bordent l’anse, tout près de ce silence. La sérénité me guette. Une fois n’est pas coutume, mais quel bonheur lorsqu’elle advient.

Je deviens invisible. J’attends. Immobile. Lithique. L’océan lui même joue sa partie lento. Les oiseaux semblent m’avoir admis près d’eux. Ils vont, viennent. En toute quiétude. L’un deux se baigne dans une cuvette d’eau douce qu’alimente la cascade miniature d’un ruisseau sans nom qui coule plutôt qu’il ne se jette dans la crique.

Un lézard pointe son museau à une main devant moi, puis extirpe son corps de dessous le chaos de rochers. Il reste, là. Nous restons, là. Qui observe qui?

 

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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