De la belle ouvrage !

10/01/2016

Des lieux

« En bas demain au bord du fleuve

Je t’attendrais si tu veux bien

Là tout près du pont qu’ils construisent… »

                 – Graeme Allwright « L’Étranger »

 

PAR GILLES ORGERET

Estuaire de la Seine. Un monde à part comme tous les lieux où se rencontrent des univers différents, contrastés, frontaliers. Entre Honfleur et Le Havre le Pont de Normandie s’envole au dessus de la Seine, plutôt qu’il ne l’enjambe.

Territoire des vents, de l’eau douce et de l’eau de mer. Espace vacant à deux pas des zones portuaires.

Frontière. No man’s land si l’on peut dire ainsi d’un pays d’eau douce, saumâtre, de roselières, de marécages, de prairies humides.

Nous l’avons emprunté dans un sens à bord du vieux Trafic blanc, et puis d’un bord à l’autre, aller et retour, à pied. Dans les bourrasques d’août et les rugissements des camions, voitures, motos. Les déplacements d’air, véritables trous d’air créés par le passage des premiers. Expérience inoubliable ! Un coup d’adrénaline estival. À quelques 60 mètres au dessus du fleuve nous côtoyons quelques oiseaux de passage. Prenons de la hauteur pendant une poignée d’heures.

Pont-harpes comme ceux de Millau en Aveyron, de l’Iroise et de Térenez dans le Finistère, ces ouvrages fantastiques se prêtent à l’exploration.

À pied, l’émotion est au rendez-vous, un peu du même ordre que celle qui nous accompagne en montagne au passage d’une vire rocheuse ou en parcourant un sentier en balcon, vent debout, face aux sommets qui s’étalent ou s’enfuient, aux vallées tout là-bas dans les fonds. Les profonds.

J’aime le souvenir qui m’advient, en toile de fond de mes balades, d’un texte lu dans le passé, ou d’une chanson, d’une musique. Instants magiques s’il en est. Précieux moments de la vie. Fugaces mais tenaces. Ils sont là comme un filigrane dans le papier. Bien visibles à la bonne exposition à la lumière de l’instant présent. Ils montent à la surface de la mémoire comme l’image photographique apparaît à la surface du papier trempée dans l’antique révélateur. Magie.

« The stranger song » de Leonard Cohen chanté par Graeme Allwright en français ne m’a jamais quittée. Elle apparaît ce jour là. À point nommé ! Les haubans-cordes du pont sont accordés en Mi mineur! Tonalité de la douceur, du voyage.

 

Let’s meet tomorrow if you choose                   

Upon the shore, beneath the bridge

That they are building on some endless river

                – Leonard Cohen

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À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

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2 Commentaires le “De la belle ouvrage !”

  1. La Tribu d'Anaximandre dit :

    Alors merci pour ces moments de vie 😉

    Réponse

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