Entre la terre et les eaux

05/07/2016

Des lieux

Come gather ’round people

Wherever you roam

And admit that the waters

Around you have grown

And accept it that soon

You’ll be drenched to the bone

If your time to you Is worth savin’

Then you better start swimmin’ O

Or you’ll sink like a stone

For the times they are a-changin’

– Bob Dylan « The times they are a-changing »

 

« Ça mouillait depuis quarante jours,  J’ai failli me noyer, Nageant dans cet océan avec des vagues d’acier».

– Zachary Richard « J’peux pas m’empêcher »

 

PAR GILLES ORGERET

Nous avons erré de lagunes en lagons, de voies tracées au cœur des terres immergées en chemins de bordure, sur des frontières imaginaires qui ne recouvraient que les silences de forêts pétrifiées.

Pourtant ils nous le clamaient depuis des siècles: « Les eaux monteront » .

Elles laissaient déjà à chacun de leur voyage les traces de leur inexorable ascension. Elles avaient recouvert les terres primaires. Elles étaient, avant que la terre ne fût. Des êtres pétrifiés d’antiques fonds marins témoignent de leur présence au cœur des terres calcaires, dans les creux occupés par des lacs ou mers antédiluviens disparus depuis. Dans les pentes abruptes, enchâssés dans les falaises des montagnes de tous les continents. Coquillages, poissons, trilobites, ammonites, bélemnites, corail reposent pierres parmi les pierres ou dans leur gangue de boue, d’argile. Retournés à la poussière.

C’étaient le temps d’avant nous, les Homos sapiens. Un temps que nous pouvons lire dans le livre ouvert de notre planète.

Depuis? Les temps ont bien changés. Nous sommes arrivés, d’habilis en erectus, Néandertal ou Flores… Je raccourci, je coupe, j’élague.

Nous voici. Nous en sommes là. De montée des eaux en débordement fougueux. Nous réchauffons. Nous fondons. Nous modelons. Rien ne nous résiste. Quoique…

L’eau monte. De tempêtes en cyclones. Bien sûr, comme le chante Zachary: nous laissons le vent souffler. Avons-nous le choix avec lui? Une fois qu’il est lancé.

Mais n’est-ce pas nous les homos sapiens qui pensons, qui savons tout sur tout qui faisons le vent souffler, la pluie tomber ou pas d’ailleurs, la glace fondre et les eaux monter.

 

« Où que vous soyez accourez braves gens

 L’eau commence à monter soyez plus clairvoyants.

 Admettez que bientôt vous serez submergés

 Et que si vous valez la peine d’être sauvés,

 Il est temps maintenant d’apprendre à nager,

 Car le monde et les temps changent »

 

Hugues Aufray « Les temps changent »

Album: Hugues Aufray chante Dylan (1965)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités
, , , , ,

À propos de desgensetdeslieux

L'intention est de mettre en lumière par les mots et la photo la poésie des terroirs. Les gens comme les lieux. Située au carrefour de l’histoire, de l’écriture et du multimédia, l’approche est impressionniste et sans prétention. À la base, le principe que l’on peut fréquenter un lieu des milliers de fois sans jamais qu’il ne donne à voir le même tableau.

Voir tous les articles par desgensetdeslieux

Souscrire

Souscrire à nos flux RSS et profils sociaux pour recevoir les mises à jour.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :